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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 22:08

En-finir-avec-Eddy-Bellegueule.jpg

 

Auteur : Edouard Louis

 

Court Résumé :

 

Eddy Bellegueule est né au début des années 90 dans un famille modeste du nord de la France. A priori, rien ne présageait à cet enfant un avenir plus radieux que ses frères et sœurs avec comme choix cornélien l'usine ou le chômage. Mais seulement voilà Eddy ne ressemble à personne ici. Ni dans sa famille, ni dans son village. Il fait des manières et parle avec une voix aigüe. Un comportement très déstabilisant pour ses proches qui valorisent les gros durs qui savent se battre. C'est pas gagné pour Eddy...

 

Mon avis perso :

 

J'ai découvert ce livre et son auteur lors de son passage à l'émission de France 5, La Grande Librairie. Au départ, j'ai cru à un énorme coup marketing : le petit jeune de vingt ans avec une gueule d'ange qui écrit son premier roman. Tout un programme!

 

Mais bon, je l'ai quand même écouté et là j'ai vraiment été bluffée. Tout dans ses paroles, ses gestes et ses sourires gênés montraient bien sûr un malaise difficilement contrôlable (pas facile de parler de choses personnelles sur un plateau de télé quand on en a pas l'habitude) mais également et surtout une maturité et une sensibilité extraordinaire pour un jeune homme de son âge. Une lucidité fine capable de décortiquer avec précision des sentiments pourtant extrêmement complexes et douloureux.

 

J'ai acheté le livre le soir même.

 

Dans ce roman qui n'en est pas un, même si pour lui ce personnage n'existe plus ou seulement donc dans la fiction du passé, Edouard Louis nous raconte son enfance. Une enfance au pays des corons, comme si on y était. L'histoire se passe pourtant des années 90 aux années 2000. Mais, comme il le constate lui-même l'histoire se répète inlassablement de génération en génération.

 

Né dans ce village, dans cette région, Eddy n'aurait jamais dû en sortir et suivre l'exemple de ses parents et grands-parents. La journée passée à trimer à l'usine, le soir et le weekend on se détend en regardant la télé des heures durant (la télé, c'est sacré ! Il y en a dans toutes les pièces) ou aller se saouler avec ses copains à l'abribus sur la place du village.

 

Mais Eddy est différent, ses parents et ses camarades de classe lui ont bien fait comprendre. "C'est pas normal ces manières", "Qu'est-ce qu'il a le débile?" Des paroles extrêmement blessantes pour cet enfant qui sent bien qu'il ne sera jamais un dur comme son père et son frère mais fait tout pour leur ressembler et ne pas être une pédale.

 

Toutes ces insultes reçues et encaissées encore plus stigmatisantes et violentes que les coups dont il sera victime quotidiennement au collège, il les cite et les récite tout au long du livre. Elles reviennent comme des vagues lancinantes et incessantes qui rongent l'âme et le corps. Parfois, on se prend à croire comme lui que tout ceci va s'arrêter qu'on le laissera enfin tranquille. Mais rien y fait. Même loin de sa famille au Lycée d'Amiens il lui faudra encore affronter le regard des autres élèves plus riches et plus instruits avec des parents plus présents et attentifs.

 

Malgré la vision de la famille qui n'est pas sans rappeler Germinal, on sent tout de même, malgré tout, toute la tendresse qu'il éprouve pour ses parents. L'amour est là même pour ceux qui ne sont pas prêt à l'accepter...

 

Dans La Grande Librairie Edouard Louis évoquait les récits autobiographiques d'Annie Ernaux sur ses parents et son enfance en Normandie. Ici Edouard Louis va bien plus loin.

 

Un très beau témoignage et une belle découverte littéraire forte et choc que je vous conseille.

 

Nombre de pages : 219

 

Temps mis pour le lire : 4 jours

 

Note : 16/20

 

Les 3 premières phrases :

De mon enfance je n'ai aucun souvenir heureux. Je ne veux pas dire que jamais, durant ces années, je n'ai éprouvé de sentiment de bonheur ou de joie. Simplement la souffrance est totalitaire : tout ce qui n'entre pas dans son système, elle le fait disparaître.

 

Dans le couloir sont apparus deux garçons, le premier, grand, aux cheveux roux, et l'autre, petit, au dos vouté. Le grand aux cheveux roux a craché Prends ça dans ta gueule.

 

edouard-louis.jpg

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 18:09

Potentiel-du-sinistre

 

Auteur : Thomas Coppey

 

Court résumé :

Chanard obtenu le poste de ses rêves : il intègre enfin Le Groupe ! C'est le début d'une ascension sociale assurée que rien ne pourra plus arrêter... à moins que...

 

Mon avis perso :

Un livre qui montre le vrai travail d'enquête qu'a mené son auteur afin de représenter de manière objective et sans fioriture le monde de l'entreprise tel que le vive des milliers d'employés aujourd'hui.

 

Les personnages évoluent selon les normes précises qui suivent à la lettre les codes corporate des multinationales. Ils pensent vivre une vie parfaite conforme tous les principes qui satisfont les désirs qui doivent les rendre heureux. Surtout aucune originalité, aucune prise de décision improvisée. Tout doit correspondre au plan classique de la réussite sociale.

 

Cette lecture m'a donné froid dans le dos tellement, les personnages me rappellent certaines personnes que je cotoie ou que j'ai cotoyées à mon travail en particulier. Des gens persuadés d'être heureux, qui ont peur du changement, de tout ce qui sort de la routine. Des gens qui ne ressentent rien ni pour les autres ni pour eux-mêmes et qui s'en rendent à peine compte et que cela ne dérange pas le moins du monde. Tout ce qui leur importe c'est d'avoir leur place bien au chaud dans les petite case pré-établies de la notre belle société actuelle.

 

Tout au long du livre, je ressentais une sorte d'oppression. Je n'avais qu'une envie terminer cette lecture et retrouver enfin un sentiment de libération, de liberté, d'existence et de vie tout simplement. J'ai espéré un retournement de situation et il est arrivé. Mais cela pas été pour autant libérateur. L'oppression est restée présente jusqu'à la fin. 

 

La fin fut d'ailleurs une surprise intéressante. Elle ouvre mais referme immédiatement tout idée de changement, de renouveau. Et l'on est bien heureux et on se rassure un peu comme on peut en refermant ce livre : c'est bon c'est fini, je peux reprendre ma vie et la vivre comme je le souhaite. Mais le peut-on vraiment?

 

Nombre de pages : 192

 

Temps mis pour le lire : 2 semaines

 

Note : 16/20

 

Les 3 premières phrases :

"Si Chanard avait des doutes, si certaines de ses paroles sonnaient, lors des premiers entretiens, comme des tentatives pour se vendre, il s'est peu à peu approprié le discours du Groupe. Il fait sa profession de foi avec tact, prenant soin de ne laisser aucune incertitude quant à son humanité. Il admet qu'il y a parfois de la frustration à rentrer chez soi et à ne pouvoir consacrer plus de temps à Capucine, née il y a deux mois."

 

Thomas-Coppey.jpg

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 15:12

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Auteur : Annie Ernaux


Court résumé :

Suite à la mort de son père, Annie Ernaux revient sur la vie simple qu’a vécue cet homme dans sa Normandie natale.


Mon avis perso :

Il y a quelques années j’avais lu les deux livres qu’Annie Ernaux a consacré à sa mère ( « Je ne suis pas sortie de ma nuit » et Une femme ) et j’avais depuis longtemps envie de découvrir « La Place » plus axé sur la vie de son père.


Annie nous présente avec une émotion contenue ce père fataliste qui a souffert calmement sans trop se plaindre (à cette époque on n’avait pas trop le choix d’ailleurs). Le dur labeur n’apportait pas toujours les récompenses escomptées et il fallait souvent tout reprendre et tout recommencer malgré toutes les déceptions et les efforts vains.


Annie nous dresse ici le portrait d’un homme tout ce qu’il y a des plus banal, mais qui a tout de même quelques ambitions de son époque. D’ouvrier, il passe commerçant et cafetier et s’élève ainsi dans la hiérarchie sociale sans jamais trop y croire et sans jamais trop réussir y non plus.


A travers cet homme, c’est toute une partie méconnue de l’histoire de France que l’on découvre. On se représente bien ainsi la vie quotidienne qu’avaient de nombreux hommes et femmes vivant sans confort matériel, en partageant des joies simples. Des vies depuis longtemps oubliées mais qui ressemble sans doute beaucoup à celles qu’on vécues nos grands-parents. Un bel effort de mémoire.

 

Nombre de pages : 113 pages


Temps mis pour le lire : 3 jours


Note : 14/20


Les 3 premières phrases :

J’ai passé les épreuves pratiques du Capes dans un lycée de Lyon, à la Croix-Rousse. Un lycée neuf, avec des plantes vertes dans la partie réservée à l’administration et au corps enseignant, une bibliothèque au sol en moquette sable. J’ai attendu  là qu’on vienne me chercher pour faire mon cours, objet de l’épreuve, devant l’inspecteur et deux assesseurs, des profs de lettres très confirmés.

Annie-Ernaux

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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 15:47

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Auteur : Sylvie Testud


Court Résumé :

Sybille (alias Sylvie dans la vraie vie) grandit avec sa mère et ses deux sœurs dans le quartier de la Croix Rousse à Lyon. Une enfance tout ce qu’il y a de plus heureuse, si ce n’est cet homme dont on n’ose pas prononcer le nom. Ce père qu’elle n’a jamais connu et qui pourtant semble lui avoir tant laissé (la seule blonde de sa famille italienne). Le mystère reste entier autour de cet inconnu et les petites grandissent malgré les difficultés matérielles entre l’amour de leur mère et de sa famille.

 

Mon avis perso :

C’est une belle histoire que partage avec nous l’actrice Sylvie Testud. En nous livrant des anecdotes, souvenirs de son enfance, elle nous dévoile ses craintes et ses doutes sur ce qui l’a construite et a fait d’elle la femme publique mais discrète que l’on connaît aujourd’hui.

J’ai été très touchée par son personnage qui malgré ses erreurs, ses tâtonnements et ses questions se lance tête baissée au-devant du danger. Cela montre une grande force de caractère, un être qui fait confiance à son instinct et à ses valeurs.

J’ai beaucoup ris et souris lors de cette lecture, alors si vous cherchez une histoire sincère et drôle avec de vraies émotions, ce livre est fait pour vous.

 

Nombre de pages : 250


Temps mis pour le lire : 10 jours


Note : 15/20


Les 3 premières phrases :

« Ma grande sœur ne veut jamais rigoler ! Elle ne veut jamais laisser rigoler les autres. Faut toujours qu’elle fasse son commandant de troupe ma parole ! »

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 20:32

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Auteur : Laurent Gounelle

 

Court Résumé :

Le narrateur, un professeur un peu perdu dans sa vie, est en vacances à Bali et décide d’aller rencontrer un sage dont on lui a parlé. Il espère que cet homme pourra l’aider à donner à sa vie une meilleure tournure et qu’il pourra enfin être heureux.

 

Mon avis perso :

Une gentille lecture pour la plage. C’est plein de bons sentiments tout ça. Plein de bons conseils qu’il est bon de se rappeler de temps en temps pour donner un nouvel élan à sa vie. Mais qu’est-ce que c’est gnian-gnian !

 

J’ai très souvent eu envie d’abandonner cette lecture qui m’a par moment exaspérée au plus au point. Le personnage principal est à la limite du supportable et les personnes qu’ils rencontrent ne valent pas mieux. L’auteur donne l’impression de prendre ses lecteurs pour des gros débiles. De nombreuses scènes sont toute fois à mourir de rire, mais peut-être pas pour les bonnes raisons... J’ai du mal à croire qu’il ait écrit ce livre sérieusement.

 

Bref, une lecture facile pour ceux qui souhaitent se changer les idées avec quelque chose d’extrêmement léger.

 

Nombre de pages : 167

 

Temps mis pour le lire : 3 jours

 

Note : 7/20

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:59

Jeanne

 

Auteur : Jacqueline de Romilly

Court Résumé :
Jacqueline de Romilly nous raconte l’histoire de sa mère, Jeanne. Jeanne est une femme extraordinaire qui sera tour à tour secrétaire, écrivain, auteur de textes pour la radio et surtout une mère exemplaire pour sa fille.

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Pour être honnête, je n’aurais jamais lu ce livre de moi-même. Mais c’est ma grand-mère qui m’a demandé de le lui lire. Depuis quelques mois, elle ne peut plus lire toute seule, et cette histoire lui tenait vraiment à cœur car elle est née la même année que Jacqueline de Romilly et a donc quelques points communs avec l’auteure.

Jeanne est née à la fin du XIXe siècle et grandit dans un univers plutôt protégé. En regardant les vieilles photos de sa mère, Jacqueline s’aperçoit que dès lors Jeanne semble différentes des autres membres de sa famille. Elle aspire à une plus grande liberté, à la joie et au bonheur. Jacqueline s’attache en particulier à une photo où sa mère porte un bracelet. Cette photo nous montre la Jeanne d’avant pour qui tout est encore possible.

Jeanne se marie jeune et épouse un juif. Jeanne la rebelle entre enfin en action. Elle vit alors un court temps de bonheur avec celui qu’elle aime et adule et voici que nait Jacqueline. Mais c’est le temps de la guerre et son cher mari meurt au combat…

Tout semblerait donc perdu d’avance pour cette jeune veuve de guerre sans argent et avec une petite fille à sa charge. Mais c’est là que la vraie personnalité de Jeanne va se révéler. A partir de ce moment là, son seul but sera d’assurer le confort et le bien être de sa fille tout en entretenant autour d’elle une foule d’admirateurs séduits par son humour et sa ténacité qui l’aideront souvent dans les moments difficiles.

lepuitdesabeillesMalgré la pauvreté, Jeanne ne restera jamais sans ressource et poursuivra également sans relâche ses efforts pour réaliser son autre rêves le plus cher : devenir un écrivain reconnu. Bien que souvent proche du succès, elle ne sera jamais cet auteur célèbre qu’elle méritait pourtant d’être à bien des égards. Pourtant, même à un âge avancé, elle ne baissera jamais les bras et espérera toujours avec une détermination butée accéder à la notoriété et à la reconnaissance du public et de ses paires.

C’est un beau portrait de sa mère que Jacqueline de Romilly nous donne là. Une mère qu’elle considère maintenant avec encore plus de considération que de son vivant en regrettant de ne pas parfois l’avoir tout à fait comprise et reconnue à sa juste valeur. Par ailleurs, je découvre aussi cet écrivain grâce à ce livre et je dois dire que je suis tombée sous le charme de son écriture.

 

Nombre de pages : 248

Temps mis pour le lire : 5 mois

Note : 14/20

Les 3 premières phrases :


« Jeanne au bracelet d’argent » : c’est ainsi qu’on l’appelait à cette époque, quand elle avait seize ou dix-sept ans. Je sais même d’où lui venait ce nom, et qui lui avait offert ce bracelet : un oncle le lui avait rapporté d’Indochine. J’imagine, connaissant les faibles moyens dont disposait sa famille, que ce bracelet, de provenance lointaine, devait être modeste.

 

jacquelineromilly

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 21:07

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Auteur : Delphine de Vigan

 

Court Résumé :

Delphine de Vigan nous fait découvrir sa mère et par la même occasion cherche à comprendre, par cette étude d’une femme peu ordinaire, comment sa vie qui avait si bien commencé a suivi des méandres aussi tragiques en détruisant beaucoup sur son passage.

 

Mon avis perso :

Quel choc ! J’ai du mal à savoir par où je vais commencer pour vous parler de ce livre. La description que l’auteure fait de sa mère est à la fois pleine de tendresse et impitoyable. Elle nous présente ainsi celle qu’elle appellera « Lucille » dans ce livre. Lucile est belle, d’une beauté tranquille au calme majestueux. Enfant, elle joue même au mannequin ce qui permet à ses nombreux frères et sœurs de passer d’agréables vacances grâce à ses gages.

 

En effet, Lucile se retrouve au milieu d’une grande famille qui comptera au total 9 enfants, c’est là la fois sa force et le drame de toute sa vie. Cette famille qui lui donnera tend de joie sera aussi la cause de ses malheurs les plus profonds.

 

Plus elle grandit, plus elle semble étrangère au monde qui l’entoure. Elle peut rester des heures à ne rien faire qu’à observer ce petit monde en mouvement perpétuel qui l’entoure. Et puis c’est le drame : son frère Antonin se noie dans un puits lors des vacances d’été. Cette catastrophe est la première d’une longue série, comme si le sort avait décidé de s’acharner sur cette famille et de ne plus jamais la laisser en paix.

 

Puis Lucile grandit et tombe amoureuse de Gabriel, un beau jeune homme avec qui elle passe ses vacances. Les choses se décident très vite car elle tombe enceinte et un mariage est rapidement programmé. Et très vite aussi la petite - l’auteure elle-même - nait. Mais l’idylle est de courte durée et après la naissance de leur deuxième enfant le couple se sépare et Lucile s’en va vivre sa vie de bohème avec ses filles.

 

Les petites grandissent à leur tour et s’aperçoivent petit à petit que quelque chose cloche avec Lucile. Elle n’est pas tout à fait comme les autres mamans. Les symptômes sont présents au quotidien mais le nom de la maladie n’est pas encore connue : Lucile est bipolaire…

 

A travers l’histoire touchante de cette femme d’exception, l’auteure nous confronte à de nombreux drames qui ont brisé ce destin : la mort - et souvent le suicide - de ses proches, le viol, la maladie, tout y est décrit avec une justesse impressionnante qui donne à réfléchir. Personnellement, je me suis parfois un peu reconnue dans cette enfant qui souffre du comportement souvent irrationnel de sa mère et c'est peut-être aussi pour cela que cette histoire m’a tellement marquée.

 

Un livre incroyablement réaliste et douloureux, mais emprunt également d’une certaine légèreté de vivre qui est à lire absolument.

 

Nombre de pages : 437

 

Temps mis pour le lire : 1 semaine

 

Note : 18/20

 

Les 3 premières phrases :


Ma mère était bleu, d’un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle, ce matin de janvier. Les mains comme tachées d’encre, au pli des phalanges.

 

Ma mère était morte depuis plusieurs jours.

 

delphinevigan.jpg

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 12:18

baiserscinema.jpg

 

Auteur : Eric Fottorino

 

Court Résumé :

Le narrateur, avocat, divorcé la petite quarantaine cherche désespérément à reconstituer l’histoire de ses parents afin de résoudre le mystère de l’identité de sa mère. Son père, Jean Hector, était photographe de plateau sur les tournages des films de la nouvelle vague et c’est tout naturellement que notre narrateur sans nom se met à hanter les cinémas du quartier latin pour regarder les films de cette époque et peut-être y retrouver cette mère inconnue. Mais la rencontre de Mayliss aux Trois Luxembourg va quelque peu changer la donne…

 

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Qu’est-ce que ça fait du bien de lire quelque chose de bien écrit ! J’en avais vraiment besoin après Entre les murs. Le style à l’image de l’histoire nous rappelle l’atmosphère du vieux cinéma français pas seulement de la Nouvelle Vague mais depuis les années 30 jusqu’à la fin des années 70. A travers la reconstitution de la vie de Jean Hector, on retrouve les vedettes d’antan alors à l’apogée de leur gloire et de leur jeunesse. Les noms des actrices célèbres défilent dans un tourbillon de clichés en noir et blanc et finissent presque par se confondre pour ne former dans l’imagination du narrateur qu’une seule et même personne unique et idéalisée : sa mère.

 

L’arrivée de Mayliss dans cette histoire, va bouleverser sa vie. Il la rencontre dans son cinéma fétiche Les trois Luxembourg rue Monsieur-le-prince. Cette femme mystérieuse l’attire pour une raison inconnue. Probablement à cause du mystère qui l’entoure et qui lui rappelle celui de sa mère. Elle est mariée, a un enfant et est traductrice à l’Unesco. Peu à peu une liaison s’installe qui deviendra de plus en plus toxique pour le narrateur. Ainsi une double quête finit par s’imposer à lui : se désintoxique de cet amour qui en devient presque malsain et élucider enfin les zones d’ombres qui planent autour du personnage de sa mère.

 

lanuitamericaine.jpgLa fin de l’histoire se termine d’une manière assez inattendue tout en conservant  une grande part de mystère et d’incertitude. Finalement, notre héro ne préfère pas savoir tente par tous les moyens de fuir ces femmes qui malgré la distance, influence le chemin de sa vie. 

 

C’est un joli conte triste dans un Paris idéalisé. On se plait ainsi à rêver qu’il est possible, comme le narrateur, de vivre au cœur de Paris sans vraiment travailler et de pouvoir à loisir aller au cinéma et dans les cafés du quartier latin. Ou encore que l’on peu voyager lorsqu’on le souhaite sans contrainte de temps ni d’argent. Une belle vie un peu grise et mélancolique en somme.

 

Nombre de pages : 189

 

Temps mis pour le lire : 5 jours

 

Note : 14/20

 

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Les 3 premières phrases :

 

Mon père était photographe de plateau. Dans les années soixante, on le croisait aux studios de Boulogne en compagnie de jeunes gens qui s’exerçaient à vivre de leur rêves. Il y avait là Nestor Kapoulos, Jean-Louis Huchet, Eric de Max, Mucir et bien sûr Gaby Noël, des noms connus des seuls amateurs de génériques.

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 11:12

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Auteur : François Bégaudeau

 

Court Résumé :

Prof de français dans un lycée un peu en difficulté du XIXe arrondissement de Paris, le narrateur partage en direct avec nous, durant une année scolaire, son quotidien répétitif au milieu de professeurs et d’élèves qui semblent plus désabusés les uns que les autres.

 

Mon avis perso :

On en a tellement parlé il y a quelques années qu’à l’époque je n’avais pas vraiment envie de lire ce livre. Désormais, le temps ayant passé, je me suis dit qu’il fallait bien que je découvre cet opus encensé par la critique et dont tout le monde s’accorde à dire qu’il est le reflet magistral de ce qui se passe réellement dans les écoles d’aujourd’hui. Une fenêtre sur une réalité qui échappe à la plupart d’entre nous, en somme.

 

Je dois avouer que j’ai été extrêmement déçue non pas tant par l’histoire en elle-même mais par le style du narrateur et plus encore par le narrateur lui-même. On comprend qu’il soit désabusé face à des situations qui se répètent et qu’il ne peut changer, mais son rôle même de professeur dans un collège lui incombe une autorité dont il semble prendre un malin plaisir à abuser pour se moquer ouvertement des élèves qui sont souvent perdus dans ce monde dont ils n’ont pas les clés.

 

Evidemment, il n’enseigne pas dans le collège le plus facile du monde, mais ce n’est pas une raison.  D’autant plus qu’il est loin d’être dans le pire. Le problème est qu’il donne l’impression d’être tellement méprisant vis-à-vis de l’ignorance de ses élèves que, très souvent, il n’arrive pas à changer de perspective pour se mettre à leur niveau afin de leur expliquer les choses de manière claire. La plupart des explications finissent par embrouiller encore plus les esprits des collégiens sans répondre le moins du monde à leurs interrogations.

 

Je comprends bien que lorsque l’on est professeur, on souhaiterait avoir des enfants parfaits qui apprennent facilement et sagement, voire même qui savent déjà tout. Mais alors, quel rôle pourrait jouer un professeur dans ce contexte trop idéal. Le rôle même du professeur est au contraire d’ouvrir ses élèves à de nouveaux champs de pensées, et de leur expliquer le monde dans lequel ils vivent afin qu’ils en comprennent les codes et deviennent des adultes (plus ou moins) responsables.

 

En lisant ce livre, j’ai eu l’impression de notre ami le narrateur avait depuis longtemps perdu de vu cet objectif, ou alors ne s’y était jamais vraiment intéressé. S’il est si désabusé c’est qu’il vit toujours dans ce rêve du professeur valorisé par ses élèves idéaux, qui comprennent tout et savent tout immédiatement. Dans ce contexte, il éprouve un tel décalage avec le monde réel qu’il ne peut descendre de son piédestal de professeur où il s’est lui-même placé. Alors que sa fonction implique au contraire qu’il s’adapte au niveau de ses élèves afin de les faire progresser le mieux possible en fonction de leurs capacités actuelles.

 

Le style de l’auteur n’est pas non plus des plus exceptionnels. Il est même plutôt médiocre car il tente tant bien que mal de reproduire les situations qu’il vit avec ses élèves, ses pensées, sa vision de ses autres collègues de manière continue et l’ensemble donne plutôt un mixe de lassitude passive avec un regard critique sur tout ce qui l’entoure. Il essaye également de reproduire les différents dialogues avec les élèves où il leur reproche de faire des fautes qu’il commet également lui-même à tout instant. Cela donne donc un style qui se veut à l’image de l’oralité de son quotidien mais qui, en fait, en devient simplement médiocre et maladroit.

 

Ce livre se lit facilement et sans effort, mais n’apporte pas grand-chose au débat. Par contre, j’ai entendu dire beaucoup de bien du film qu'il me reste à découvrir.

 

Nombre de pages : 290

 

Temps mis pour le lire : 3 semaines

 

Note : 8/20

 

Les 3 premières phrases :


Trois jours avant, j’ai décacheté l’enveloppe d’un index fébrile. Première feuille à peine parcourue, je suis passée à une seconde noircie par un tableau rectangulaire divisé en une cinquantaine de cases. Les colonnes des lundi, mardi, mercredi et jeudi étaient variablement remplies, et vierge celle du vendredi comme j’en avais fait la demande.

 

begaudeau.jpg

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 11:52

Mecanique

 

Auteur : Mathias Malzieu

 

Court Résumé :

Jack est né le jour le plus froid du monde sur la colline du Arthur’s Seat qui surplombe Edimbourg. De sa vraie mère il ne sait pas grand-chose, mais ça n’a pas d’importance car c’est maintenant Docteur Madeleine sa mère d’adoption qui l’a sauvé d’une mort certaine en greffant à son petit cœur gelé une horloge pour l’aider à battre. Jack grandit dans un univers protégé mais au milieu de créatures étranges qui viennent toutes chercher secours auprès de Madeleine. Le jour de ses 10 ans, cependant, une rencontre inattendue avec une petite chanteuse va bouleverser sa vie. Seulement voilà, avec son cœur de fortune dont le tic-tac se dérègle à la moindre émotion, pourra-t-il jamais s’autoriser à tomber à amoureux ? Et cet amour lui sera-t-il vraiment fatal comme le pense Madeleine ?

 

Mon avis perso :

Je n’avais pas vraiment prévu de lire ce livre bien que la couverture m’ait toujours beaucoup intriguée car elle me rappelait l'univers de Tim Burton. Mais comme des amis me l’ont offert, je m’y suis finalement décidée.

 

Ce fut une jolie petite découverte. Un style un peu étrange  à l’image du personMathias-Malzieu-Olivia-Ruiznage et de l’univers dans lequel il évolue mais empli d’une poésie particulière. Je ne connais pas bien les chansons de Dionysos le groupe de rock par lequel s’est fait  connaître Mathias Malzieu, par contre de nombreux éléments de cette histoire m’ont rappelé l’album La femme chocolat d’Olivia Ruiz (compagne de Mathias Malzieu). Plus je lisais ce livre et plus j’avais l’impression de lire le texte d’une chanson qui pourrait être la sienne. Chaque élément de l’histoire semblait être une réinterprétation de la réalité quotidienne de Mathias Malzieu. Je ne connais pas bien son histoire, mais il est clair qu’il s’en est très fortement inspiré pour écrire La mécanique du cœur. Ne serait-ce  que la date de naissance du personnage qui est exactement la même que celle de Mathias Malzieu mais 100 ans plus tôt, ou le fait que la petite chanteuse Miss Acacia vienne plus ou moins de la même région qu’Olivia Ruiz (chanteuse elle aussi !).

 

J’ai bien apprécié cette lecture, mais je l’ai plus lue comme une chanson aux nombreux couplets que comme un roman. Les personnages sont attachants, mais le style ne m’a pas marquée plus que ça. Je conseille tout de même cette histoire qui nous permet de découvrir d’une autre manière l’univers de Mathias Malzieu (… et d’Olivia Ruiz).

 

Et maintenant, il ne me reste plus qu'à écouter l'album La mécanique du coeur de Dionysos.

 

Nombre de pages : 155

 

Temps mis pour le lire : 2 semaines

 

Note : 13/20

 

Les 3 premières phrases :

 

Il neige sur Edimbourg en ce 16 avril 1874. Un froid de canard paranormal cadenasse la ville. Les vieux spéculent, il pourrait s’agir du jour le plus froid du monde.

 

mathias_malzieu.jpg

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Lectures en cours

En ce moment je lis :

 

Dans-les-forets-de-Siberie.jpg

 

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