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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 11:09

Maldepierres

 

Auteur : Milena Agus

 

Court résumé :

La narratrice a choisi de nous raconter l’histoire de sa famille, en particulier celle de sa grand-mère que tout le monde croyait folle car elle tombait toujours éperdument amoureuse de tous les garçons qui lui adressaient la parole ou juste un sourire. Cette jeune sarde rêveuse faisait immanquablement fuir tous ses prétendants. Puis après un mariage sans amour, ce sont ses futurs enfants qui la fuient les uns après les autres. En désespoir de cause, on lui conseille alors une cure sur le continent et c’est là qu’une rencontre avec un rescapé de guerre va changer sa vie.

 

Mon avis personnel :

Encore un livre sur une famille de femmes, mais c’est un pur hasard. Je ne savais absolument pas de quoi parlait ce livre avant de le commencer. J’avais juste lu encore une fois des critiques très positives à son sujet. Cette fois-ci, contrairement à ma lecture [Du] goût des pépins de pomme, j’ai été un peu plus séduite. Non pas que le style soit extraordinaire, mais j’ai été tout de même bien plus sensible à la plume de Milena Angus qu’à celle de Katharina Hagena.

 

Si j’ai été séduite par cette histoire c’est que d’une part je l’ai trouvée empreinte de poésie, une poésie simple, de la terre et de la condition humaine.  On en apprend beaucoup sur ces hommes et ces femmes qui mènent une vie dure de paysans, mais qui son fiers de leur île et d’être sardes. Les émigrés sur le continent qui ont on choisi de partir pour une vie meilleure se rendrent vite compte de leur erreur, mais il est déjà trop tard pour revenir. La honte serait trop lourde à supporter.

 

C’est cette honte qui conduit les parents de la grand-mère de la narratrice à tout faire pour se débarrasser de cette fille bizarre qui se met dans des états impossibles lorsque la réalité n’est pas conforme à ce qu’elle aurait souhaité. Le rêve pour cette femme prend trop d’espace dans sa vie et en vient même à remplacer la réalité. Tous la croient folle, mais son seul problème est de ne pas pouvoir faire face à la réalité. Elle vit dans un monde de rêve où tous les hommes sont amoureux d’elle, où son mari l’aime et où elle aime son mari. Comme ce doux rêve ne correspond en  rien à sa vie réelle, elle ne peut que se replier sur elle-même et rêver à des jours meilleurs.

 

 

La rencontre avec le Rescapé, va changer sa vie. Mais qu’est-ce qui fait vraiment le déclic ? La relation qu’elle a eu avec lui ou celle qu’elle s’est imaginée remplie de fantasmes érotiques ? La fin du livre m’a d’ailleurs rappelé celle de  La petite fille de Monsieur Linh avec un changement de perspective qui nous refait revoir l’histoire différemment.

 

Les personnages de cette histoire m’ont aussi beaucoup fait penser à certaines personnes de ma famille. A plusieurs reprises, j’ai été troublée par les similitudes avec certaines personnes qui me sont proches. Je n’aurais jamais cru pouvoir retrouver ça dans un roman et c’est donc ça, aussi, qui m’a beaucoup touchée dans ce récit.

 

« Et la nostalgie, c’est de la tristesse, mais c’est aussi un peu du bonheur. »

 

Nombre de pages : 124

 

Temps mis pour le lire : 4 jours

 

Note : 15/20

 

Les 3 premières phrases :

Grand-mère connu le Rescapé à l’automne 1950. C’était la première fois qu’elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierres, avait interrompu toutes ses grossesses.

 

Milena-Agus.jpeg

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 11:16

legoutpepin

 

Auteur : Katharina Hagena

 

Court Résumé :


Bertha vient de mourir après plus de 10 ans de combat contre un Alzheimer qui a finit par remporter la bataille de la mémoire et de la vie. A sa grande surprise, c’est Iris sa petite fille qui hérite de la maison. Mais cet héritage est lourd, peut-être trop lourd à porter car il contient les stigmates d’un passé douloureux qu’Iris aimerait bien pouvoir oublier à son tour.

 

Mon avis perso :

 

Par où commencer ? Tout d’abord, disons-le tout de suite j’ai été un peu déçue par cette lecture. J’avais entendu tellement d’avis positifs sur ce livre que je m’attendais à avoir un vrai coup de cœur. Mais ce ne fut pas le cas. Ce qui m’a un peu refroidie dès le départ, c’est le style de l’auteur. Je ne sais pas si ces expressions alambiquées ne sont dues qu’à une traduction maladroite qui se voulait être au plus proche du texte, mais que du coup nous donne quelque chose de mal écrit avec des lourdeurs et un style « vieux-jeu » ou plutôt « vieillot ».

 

C’est ma grand-mère en particulier (en plus des commentaires sur les blogs) qui m’a conseillé cette lecture. Non pas qu’elle soit « vieux-jeu », loin de là, mais je pense que ce style lui convient car il correspond à son époque et certaines références qu’elle peut avoir (elle a passé une grande partie de sa vie en Allemagne et doit avoir à peu près l’âge de Bertha). Mais en ce qui me concerne, ça ne marche pas. J’en ai vite eu assez des questionnements sans fin sur les formules de politesses et les actions à entreprendre pour ne pas avoir l’air ridicule, alors qu’a priori elle l’est de toute façon à se promener jour et nuit dans les robes de soirées de ses tantes. Ce détail m’a d’ailleurs paru totalement irréaliste, on dirait que dans son monde les robes sont inusables et passent de génération en génération sans subir d’altération au fil des ans.

 

pommier

 

J’étais aussi intéressée par les retours dans le temps avant de commencer ma lecture, mais ils m’ont assez vite énervée. Ce qui me frustrait c’était de n’avoir que quelques bribes de l’histoire à chaque fois pour être interrompue par une Iris qui ne veut pas se souvenir et qui nous bloque donc l’accès à sa mémoire. Ces histoires du passé sont en permanence entrecoupées par le présent d’Iris de retour dans la maison de sa grand-mère et qui se demande si elle aura le courage de la garder et si Max pense à elle. Ses retrouvailles avec Max sont d’ailleurs complètement irréalistes. Je veux bien que le village ne soit pas très grand, mais les coïncidences sont par contre un peu trop énormes.

 

J’ai par contre été touchée par les personnages. Bien qu’ils soient en fait les éléments les plus irréalistes de cette histoire. J’ai trouvé intéressant de voir à quel point les générations se suivent et se ressemblent finalement. On en vient parfois à les confondre et à s’imaginer qu’elles ne constituent qu’une seule et même génération de jeunes filles. Bien que toutes différentes, elles ont en commun cette maison où elles ont grandi et qui a été source pour elles des plus grandes joies comme des plus horribles peines. Iris a beaucoup de réflexions sur la mémoire qui sont assez justes tout de même : Est-ce qu’il ne faut pas mieux oublier certains éléments du passé afin de bien vivre son présent ? Mais à vouloir tout effacer de sa mémoire n’en vient-on pas à s’oublier soi-même ? Quelle place laisser dans notre vie à ceux qui l’ont quittée par fois bien trop tôt et dans des circonstances dramatiques ? Peut-on continuer à vivre dans un lieu habité par le souvenir d’événements douloureux ? Mais à l’inverse, comment quitter un lieu qui contient toute l’histoire de sa famille ?

 

Ces éléments de réflexion rattrape un peu le livre à mes yeux et lui évite une note désastreuse.

 

Nombre de pages : 268

 

Temps mis pour le lire : 2 semaines

 

Note : 12/20

 

Les 3 premières phrases :


Tante Anna est morte à seize ans d’une pneumonie qui n’a pas guéri parce que la malade avait le cœur brisé et qu’on ne connaissait pas encore la pénicilline. La mort survint un jour de juillet, en fin d’après-midi. Et l’instant d’après, quand Bertha, la sœur cadette d’Anna, se précipita en larme dans le jardin, elle constata qu’avec le dernier souffle rauque d’Anna toutes les groseilles rouges étaient devenues blanches.

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 12:07

  En attendant ma prochaine lecture, je voulais partager avec vous une découverte que j'ai faite hier soir au café de la danse. The tallest man on earth: mon nouveau chanteur fétiche!

 

 

 

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Published by LN - dans Musique
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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 00:32

travelwithcharleyopti

 

Auteur : John Steinbeck

 

Court résumé :

Au début des années 60, John Steinbeck ne sait plus très bien où il se situe par rapport à son œuvre et surtout comment la faire évoluer tout en restant au plus près de ses préoccupations de toujours. En effet, il a toujours écrit sur son peuple, les Américains. Mais désormais, cela fait si longtemps qu’il n’a pas vraiment voyagé dans son propre pays qu’il a bien peur de ne plus les connaître. Il décide donc de partir pendant 3 mois faire le tour des Etats-Unis dans un véhicule hors du commun, nommé Rocinante (en hommage au cheval de Don Quichotte) et de son vieux chien Charley, un caniche français, qui lui tiendra compagnie tout au long de son périple. Et l’on suit notre écrivain sur les routes et autoroutes américaines dans un road trip à la recherche de ses américains. Mais trouvera-t-il dans ce voyage ce qu’il est venu y chercher ?

 

1960rocinante.jpg

 

Mon avis personnel :

Voici un récit bien différents des autres livres de Steinbeck que j’avais lus jusque là ( Of Mice and Men,  The Pearl). C’est un autre genre auquel notre auteur s’attèle ici. Il ne s’agit plus de fiction dans laquelle on retrouve beaucoup d’éléments liés à sa vie, mais bien de sa vie elle-même et de son quotidien. Un quotidien dans un contexte particulier, certes, mais un quotidien tout de même.

 

J’aime beaucoup les récits de voyages, en particulier pour ce qu’ils ont de trépidant et d’inattendu.  Ici, le rythme est un peu plus lent que ce à quoi je m’attendais au départ. Mais remettons-nous dans le contexte : il ne s’agit pas là d’une bande de jeunes fous furieux qui partent à l’aventure pour accomplir les 400 coups. Il s’agit du voyage tranquille d’un homme qui n’est plus tout jeune et qui ne part pas à l’aventure mais à la rencontre de ses concitoyens contemporains pour apprendre à mieux les connaître et les comprendre.

 

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La route de la rencontre est longue et pas toujours fructueuse. Les trajets semblent interminables. Notre héros se demande souvent pourquoi il a entrepris ce voyage. Il doute de l’intérêt de celui-ci et a l’impression de faire le contraire de ce qu’il devrait faire pour rencontrer des « vrais gens » . Et ces gens qu’il rencontre, sont-il pour autant représentatifs du reste de la population des Etats-Unis ? Bien sûr que non, il en est bien conscient car il sait que chaque voyage est propre à chaque voyageur. Deux voyageurs ayant fait exactement le même parcourt, n’auront pourtant pas fait le même voyage.

 

Chaque rencontre et chaque échec dans la rencontre, est une occasion de plus pour se poser des questions sur la vie, sur la manière dont les gens vivent leur vie dans ce monde moderne en évolution constante. Comme ces personnes de plus en plus nombreuses qui se mettent à vivre dans des mobiles homes et bougent ainsi au gré de leurs envies et de leurs opportunités de travail. Les habitants du North Dakota à Fargo m’ont aussi rappelé le film éponyme des frères Cohen. Steinbeck nous en renvoie une vision assez semblable à celle du film d’ailleurs.


Mais, le passage qui m’a le plus marquée se trouve à la fin du livre, lorsque Steinbeck se retrouve à la Nouvelle Orléans. Durant tout le récit, je m’étais dit que finalement l’Amérique n’avait pas beaucoup changé depuis les années soixante et que ce qu’il décrivait me faisait beaucoup pensé à ce que j’y avais vu assez récemment. Mais là, quel choc ! Dans ce Sud extrêmement conservateur, tous les ingrédients sont présents pour nous rappeler qu’on est bien au début des années 60, que Martin Luther King est encore loin d’avoir gagné son combat et qu’il est d’usage d’afficher un racisme franc et assuré. Toutes les luttes restaient encore à être menées. Dans ce monde qui nous semble presque impensable aujourd’hui, chacun se méfie de son voisin et les préjugés se font tenaces et intransigeants. Une réalité bien difficile à imaginer dans le monde d’aujourd’hui.

 

 Puis le voyage se termine. Parfois bien avant l’heure souhaitée. On se prend à rêver d’un "chez soi" et ce rêve finit par prendre toute la place dans l’esprit du voyageur. Le but ultime change alors d’objet : du voyage en lui-même, il passe à la perspective d’une maison bien douillette, entouré de ses proches.

 

 PS : Petit clin d’œil final à Charley, notre coéquipier de choc qui, malgré les embuches et les problèmes de santé, a aidé notre voyageur à garder le cap.

John-Steinbecks-Travels-With-Charley


 

Nombre de pages : 277

 

Temps mis pour le lire : 1 mois (récemment j’ai eu du mal à trouver du temps pour lire en dehors de mes transports quotidiens en métro qui durent à peine un quart d’heure)

 

Note : 16/20

 

Les 3 premières phrases :

 

When I was very young and the urge to be someplace else was on me, I was assured by mature people that maturity would cure this itch. When years described me as mature, the remedy prescribed was middle age. In middle age I was assured that greater age would calm my fever and now that I’m fifty-eight perhaps senility will do the job.

 

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  Voir aussi l'avis de Keisha

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 23:18

apocalypsebebe

 

Auteur : Virginie Despentes

 

Court Résumé :

Pas de chance pour Lucie, la gamine, Valentine, qu’elle était entrain de filer s’est fait la malle et sous ses yeux en plus ! Lucie est la plus nulle des détectives, ça ne l’intéresse pas. D’ailleurs rien ne l’intéresse. Mais là, elle n’a pas le choix si elle veut garder son boulot:elle doit tout mettre en place pour retrouver Valentine ; son patron a été plus que clair sur ce point. C’est à ce stade de l’histoire qu’apparaît La Hyène. Lesbienne énigmatique, au charme perturbant et glacial. Lucie devra faire équipe avec elle pour retrouver Valentine et remporter sa prime.

 

Mon avis perso :

Pffiou ! On m’en avait tellement fait tout un plat de cette Virginie Despentes que je m’attendais à être choquée à chaque bout de phrase et que j’aurais envie de fermer immédiatement ce livre et disant l’air dégouté : « Non, c’est bien ce que je pensais : ce n’est vraiment pas pour moi ! »

 

Que nenni ! J’ai lu ce livre assez facilement, malgré certaines longueurs dans l’histoire qui m’ont effectivement donné envie d’abandonner tellement j’avais l’impression que l’intrigue piétinait. L’écriture est fluide, le style « rentre dedans » et les descriptions parfois très crues en effet. Mais de là à être choquée, il ne faut pas exagérer. Moi, ça m’a plutôt fait sourire, voire même rire.

 

Ah ça c’est sûr, j’imagine qu’on ouvre souvent un livre de Virginie Despentes pour être secoué, entendre parler de sujet habituellement tabous avec des scènes obscènes. Et pour le coup on n’est servi ! C’est parti pour le vocabulaire traditionnel des « ch**te », « p*te », « bi*e » et autre « en***é » à la pelle ! Ce qui est surtout remarquable ce sont les associations de mots et d’expressions qui renforcent encore les images des scènes décrites. Mais ces nouvelles expressions ainsi formées sont plus intéressantes par leur originalité et l’effet un peu loufoque qu’elles produisent. On trouve aussi un peu de douceur dans ce monde de brutes comme avec  "Dompteuse de lourds", formule que j'ai beaucoup appréciée.

 

J’ai bien aimé également l’alternance dans la narration. Un chapitre sur deux, c’est Lucie, la détective paumée, qui nous raconte l’histoire de son point de vue. Puis, le chapitre suivant, nous avons droit à la version d’un autre personnage mais avec cette fois-ci un narrateur neutre qui ne fait que décrire de l’extérieur les scènes et les sentiments. J’ai trouvé ce procédé assez intéressant parce qu’au final le lecteur fini par s’identifier de plus en plus au personnage de Lucie. On devient vite cette fille un peu perdue au milieu de cette histoire et qui ne sait plus très bien quoi faire pour réussir sa mission ou tout bonnement pour vivre.

 

Par contre j’ai trouvé la fin extrêmement décevante. Pendant tout le récit j’espérais une apothéose finale qui remontrait le niveau de l’histoire qui s’enlise très souvent et s’enfonce dans des méandres inutiles. Mais non! On se retrouve avec cette fin bidon et pour le coup on referme vraiment le livre en ce disant : « Tout ça pour ça ! Ah bah alors là je suis déçue ! »

 

Les personnages peuvent être un peu intrigants au premier abord, mais, quand on commence à les connaître, ils deviennent très vite horripilants. Valentine est une petite fille pourrie gâtée qu’on a envie de gifler dès qu’on la voit apparaître parce qu’on sait qu’elle va immédiatement faire une connerie dont on n’a pas envie d’entendre parler. Lucie est tellement empêtrée de sa petite personne que même en la secouant très fort, on a l’impression que rien ne pourra en sortir. Enfin La Hyène, qui est sensée être un personnage fort et énigmatique, m’a exaspérée au plus haut point avec sa trop grande confiance en elle totalement surjouée.

 

Evidemment je ne pense pas être la plus qualifiée pour savoir si un livre doit mériter ou non le prix Goncourt. Mais, pour moi, la principale caractéristique d’un prix littéraire est qu’il doit récompenser un ouvrage qui par sa qualité stylistique, son histoire ou les thèmes abordés entre autres, apporte quelque chose de nouveau et d’exceptionnel à la littérature. Ici, dans Apocalypse Bébé, je ne vois rien de tout cela. Ça se laisse lire, on suit parfois avec intérêt certaines péripéties. Mais ça s’arrête là. Pas de quoi casser trois pattes à un canard.

 

Nombre de pages : 343

 

Temps mis pour le lire : 3 semaines

 

Note : 13/20

 

Les 3 premières phrases :

 

Il y a longtemps de ça, j’avais encore trente ans. Tout pouvait arriver. Il suffisait de faire les bons choix, au bon moment.

 

 

Merci à PriceMinister sans qui je n’aurais sans doute jamais eu l’idée de me lancer dans cette lecture.

 

Lire aussi l'avis de Theoma qui a beaucoup aimé.

 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 23:53

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Auteur: Alan Bennett

 

Court Résumé:

La reine d’Angleterre suite à sa rencontre avec une bibliothèque ambulante se prend de passion pour la lecture. Il ne s’agit plus pour elle de la lecture en tant que devoir pour s’informer, mais de la lecture pour le plaisir. Comment cette nouvelle obsession va-t-elle influencer son comportement à la cour et face à ces sujets ? C’est ce que tente d’imaginer ici l’auteur.

 

Mon avis perso :

Cela faisait très longtemps que j’avais envie de lire ce livre et  j’évitais au maximum de lire tous les avis que je voyais très souvent sur le blogs pour garder le plus possible un  regard neuf et sans a priori lors de ma lecture. En fait, il m’a plutôt fallu une oreille attentive car je suis tombée par hasard sur la version de ce livre en audiobook lu par l’auteur en personne.

 

C’était la première fois que je faisais l’expérience d’une « lecture » complète d’un livre sous ce format. Je dois dire que c’était assez plaisant et le grand avantage est que cela m’a permis de faire beaucoup d’autres choses pendant ce temps là. De plus, la lecture était en anglais ce qui est encore un point positif et m’a permis d’entendre encore une fois un pur accent British comme je les aime.

 

Mais tout de même ce n’est pas pareil, en particulier lorsque le sujet du livre est aussi une réflexion sur la lecture et le rapport que notre société entretien avec cette activité. C’est en effet ce qui est intéressant dans cette histoire. La reine qui a, tout au long de sa vie, côtoyer des écrivains célèbres au cours de nombreuse cérémonie officielles s’aperçoit, une fois son amour pour la lecture découvert, qu’elle a raté là de nombreuses occasions de pouvoir discuter avec de nombreux auteurs dont elle apprécie désormais énormément les œuvres.  Mais tout ceci n’est pas si simple, car même lorsqu’elle tente d’organiser une rencontre avec des écrivains contemporains elle se trouve exclue et déçue.

 

On peut se dire que cette déception est en partie due à son éducation qui ne lui a pas appris à discuter de manière simple et sincère. Mais je pense que l’on peut tous se reconnaître dans cette situation. Parfois on a beau avoir énormément avoir apprécié un livre que lorsqu’on se retrouve face à son auteur on peut se retrouver muet ne sachant que dire, ou alors être complètement déconcerté car l’image souvent idéalisée que l’on s’était faite de l’auteur ne correspond pas du tout à la réalité qui se trouve en face de nous.

 

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Il est intéressant de voir aussi de quelle manière une activité qui a toujours été valorisée, lorsqu’elle n’a plus pour but premier l’apprentissage de faits précis mais consiste juste en un divertissement, se retrouve reléguée dans le domaine de l’inutilité et de la bouffonnerie. A partir du moment où la reine se met à lire presque constamment, plus personne ne semble la prendre au sérieux. Et inversement elle ne prend plus personne au sérieux. Happée par ses lectures, elle évolue dans un univers qui n’a plus rien de commun avec le monde dans lequel ses conseillers vivent encore.

 

C’est également une belle rétrospective sur la littérature britannique. De nombreux auteurs (souvent des classiques) sont cités. Et ça fait toujours plaisir d’entendre faire référence à eux : souvenirs d’heureuses lectures.

 

Enfin, ce livre est bourré d’humour et nous présente de nombreuses situations les plus improbables les unes que les autres où le but de nombreux personnages est d’empêcher coûte que coûte la reine de lire au risque de la contrarier. La fin est d’ailleurs très bien trouvée. Je me demande ce que Sa Majesté en a pensé…

 

Temps mis pour l’écouter : 2h environ

 

Note : 16/20

 

 

Les 3 premières phrases :

 

At Windsor it was the evening of the state banquet and as the president  of France took his place beside Her Majesty, the royal family formed up behind and the procession slowly moved off and through into the Waterloo Chamber.

“Now that I have you for myself”, said the Queen, smiling to left and right as they glided through the glittering throng, ‘I’ve been longing to ask you about the writer Jean Genet.”

“Ah”, said the president, “Oui.”

 

Récemment lu part Kathel qui l'a trouvé très drôle et également par BelleSahi qui n'a pas du tout accroché.

 

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 22:04

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Auteur : Jacques Tardi et Jean Vautrin

 

Court résumé :

Ce 18 Mars 1871 c’est une nouvelle révolution qui a lieu à Paris : celle de la Commune. Le peuple parisien n’en peut plus de la politique menée par le gouvernement de Thiers et veut reprendre le pouvoir. Le peuple se révolte, les militaires quittent leurs postes pour se joindre à lui et les dirigeants fuient à Versailles. Au milieu du désordre, plusieurs drames se jouent en parallèle. A l’heure actuelle des choses difficile de savoir qu’elle en sera leurs issues…

 

Mon avis perso :

Encore un Tardi ! J’aime vraiment beaucoup ses dessins et les sujets dont ils parlent. Par contre je ne connaissais encore rien de Jean Vautrin avant de lire cette BD. Et de la Commune de Paris pas grand-chose non plus. Mais cette période m’a toujours intriguée depuis que ma grand-mère m’a racontée quand j’étais petite les exploits de sa propre grand-mère, jeune parisienne de 18 ans lors de la Commune.

 

J’ai donc grâce à ce livre pu découvrir un autre point de vue sur cette période bien plus impliqué dans la lutte des classes que celui que j’avais entendu jusque là. Je trouve ça d’ailleurs étonnant de n’avoir presque aucun souvenir de cours d’histoire sur cette période.

 

Ce premier tome finit sur une note pleine de suspens qui incite vraiment à lire la suite (que j’espère, sans beaucoup d’espoir, pouvoir aussi trouver à la bibliothèque).

 

Nombre de pages : 80

 

Temps mis pour le lire : 2 jours

 

Note : 14/20

 

Un extrait :

 

cridupeuplep.jpg

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 18:05

netouchezarien.jpg

 

 

Auteurs : Bézian et Simsolo

 

Court Résumé :

Bordeaux, dans le quartier résidentiel, l’histoire semble se répéter plus souvent qu’il n’y parait… Un hôtel particulier où il ne se passe rien est à vendre. Seule condition : ne rien déplacer…

 

Mon avis perso :

J’avais vu la critique enthousiaste que  Mango avait écrite sur cette BD. La couverture m’avait aussi un peu marquée. Du coup, quand je suis tombée dessus par hasard à la bibliothèque, je n’ai pas hésité très longtemps avant de l’embarquer.

 

Je ne m’attendais pas vraiment au départ à cette histoire. Je croyais qu’il s’agissait d’une simple histoire de fantômes. Cette histoire est un peu particulière, mais ce sont aussi et surtout les dessins que retiendra avant tout le lecteur. A la fois sophistiqués et stylisés, ils contribuent beaucoup à donner cette atmosphère de mystère légèrement angoissant à cette histoire.

 

Je dois avouer que je n’ai pas vraiment compris toute la symbolique de certains éléments de ce récit. Par exemple, le baobab qui a effectivement quelque chose d’angoissant ou les tableaux qui prennent vie. Peut-être qu’il n’y a rien à chercher d’ailleurs ;-)

 

Quoi qu’il en soit, c’est une BD plaisante qui se lit facilement et rapidement.

 

Nombre de pages : 96

 

Temps mis pour le lire : 45 Minutes

 

Note : 14/20

 

La première page :

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 12:31

Lettreinconnue

 

Auteur : Stefan Zweig

 

Court Résumé :

Le jour de son quarante et unième anniversaire, le célèbre écrivain R… reçoit une longue lettre dont il ne pense pas connaître l’auteur et pourtant…

 

Mon avis perso :

Quel choc ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu une prose aussi belle. J’ai vraiment dévoré ce livre. L’écriture est magnifique, on reconnaît bien là le grand Zweig ! J’ai trouvé cette histoire d’amour à sens unique extrêmement touchante. Evidemment si l’on reste rationnel, on ne peut arriver qu'à la conclusion que cette femme est folle. Mais pourtant cet amour complètement désintéressé qu'elle porte à cet homme est aussi beau qu’effrayant. Je pense que de nombreuses femmes qui ont été très amoureuses (sans rentrer dans cet extrême bien évidemment) pourraient se reconnaître dans les sentiments qu’éprouve la narratrice.


J’ai éprouvé une grande compassion pour cette femme, qui bien qu’elle sache qu’elle gâche sa vie pour rien, s’entête quand même dans son malheur pensant que son amour est plus important que son propre bonheur. Ça en devient vraiment désespérant, car on se rend bien compte que rien ne peut être fait pour elle, personne ne peut venir à son secours à part celui qui ne la connait pas et ne le fera donc jamais.


La préface d’Elsa Zylberstein de mon édition est aussi très belle et est un beau préambule à cette histoire.


Un livre à recommander à tous sans hésitation.

 

Nombre de pages : 106

 

Temps mis pour le lire : 2 jours

 

Note : 17/20

 

Les 3 premières phrases :

R…, romancier renommé, rentrant à Vienne de bon matin, tout ragaillardi après une excursion de trois jours dans la montagne. Il acheta un journal à la gare ; ses yeux tombèrent sur la date, et il se rappela aussitôt que c’était celle de son anniversaire. « Quarante et un ans », songea-t-il, et cela ne lui fit ni plaisir ni peine.

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 00:08

 

saisoncopenhague.jpg

Auteur : Karen Blixen

 

Court Résumé :

C’est l’hiver et c’est aussi le moment de l’année où toutes les familles nobles du Danemark se retrouvent à Copenhague pour une grande saison de mondanité où les femmes prennent le pouvoir en ouvrant leurs salons aux intellectuels et aux gens de haut rang. C’est dans ce contexte que vont évoluer nos deux protagonistes Ib et Adélaïde dont l’amour est impossible.

 

 

Mon avis perso :

En attendant Le journal d’Anne Frank, voici un petit livre qui est en fait un conte extrait du recueil Nouveau Contes d’hiver que j’espère pouvoir lire bientôt. Ce conte m’a en effet donné envie de prolonger ma lecture.


Contrairement à La ferme africaine, cette histoire n’a rien d’autobiographique pour l’auteure à part le lieu et le milieu dans lesquels elle se situe.  J’ai pris plaisir à retrouver la plume de l’auteure que j’avais bien appréciée précédemment. Ici la traduction française est faite à partir de l’anglais et non plus du danois, mais le charme reste et le style est toujours plus ou moins le même bien que certaines phrases me paraissaient un peu mal tournées (sans doute encore un problème de traduction).


C’est une très belle histoire d’amour qui nous est présentée presque digne des tragédies antiques. Il y est très souvent question d’honneur, une question qui semble aujourd’hui complètement dépassée mais qui est pourtant le point central du récit.


Un joli conte tragique qui me donne bien envie de découvrir le reste du recueil.


 

Nombre de pages : 132

 

Temps mis pour le lire : 4 jours

 

Note : 16/20

 

La première phrase :

La saison d’hiver à Copenhague, à l’époque de cette histoire, pendant l’année 1870, s’ouvrit avec les grandes cérémonies de la Cour pour le Nouvel An et se termina le 8 avril, avec la célébration de l’anniversaire du roi Christian IX.

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En ce moment je lis :

 

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